En 1916, la défaite allemande ouvre une nouvelle ère au Cameroun. Placé sous mandat de la Société des Nations, ce territoire passe en partie sous l’administration française, qui doit y garantir la sécurité sans pouvoir y lever une armée. Le contrôle des armes à feu devient alors un enjeu central d’administration.
Inspirée de la convention de Saint-Germain-en-Laye (1919), la réglementation coloniale se structure autour du décret du 10 septembre 1920, régulièrement renforcé pour s’adapter aux besoins du pouvoir français : désarmer les populations, contenir la contrebande, effacer l’héritage allemand et affirmer son autorité dans ce territoire au statut singulier.
Mais la réalité déjoue souvent les dispositifs : forgerons locaux, réseaux clandestins, circulation transfrontalière avec la Guinée espagnole. Malgré la mobilisation de la gendarmerie et de la douane, le contrôle reste fragile et les résultats mitigés.
L’entrée dans la Seconde Guerre mondiale vient perturber davantage cet équilibre. Le Cameroun, engagé aux côtés de la France, devient un lieu de transit d’armes et de munitions, relançant les défis sécuritaires que l’administration tentait de maîtriser depuis deux décennies.









