Ngoa-Ekelle est une revue à parution annuelle du Réseau d’Études Politiques et des Relations Internationales (REPRI) du Département d’Histoire de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Yaoundé 1, Cameroun. Revue pluridisciplinaire, elle rassemble des articles d’histoire politique, de relations internationales, de sociologie politique, d’études géopolitiques et de géostratégie. Elle dispose d’un comité scientifique international, d’un comité de lecture et d’un comité de rédaction. Sa procédure d’évaluation est en double aveugle. Les articles, publiés en français ou en anglais, doivent être des travaux de recherche, d’expérimentation à résultats originaux.
Revue Ngoa-Ekelle
Ngoa-Ekelle. Revue du REPRI. Volume 3
7.500 Fcfa
Réseau d’Études Politiques et des Relations Internationales (REPRI)
ISSN : 2959-3476
Parution : Avril 2026 (Dossier thématique : Histoire du sport et histoire parlementaire au Cameroun : dialogues et convergences)
Sommaire du volume
| pp. : 7-10 | Introduction au volume | ||
| pp. : 11-24 | La problématique des sports au parlement camerounais : entre devoir institutionnel et passion populaire (1990-2024) | Jean Daniel Nebeu | La présente réflexion se propose d’examiner les enjeux autour des débats sur les questions des sports au sein de l’institution parlementaire au Cameroun. Elle trouve son fondement dans le fait que, les problèmes inhérents aux sports charrient beaucoup de controverses et de passions au point où certains pensent qu’il s’agit des problématiques de second intérêt pour le Cameroun au regard du faible et de la dégradation du niveau de vie des populations. Cependant, en prenant en compte d’un côté les relations entre le devoir institutionnel des élus du peuple en ce qui est de leur droit de regard sur tous les problèmes de la société et les attentes populaires de l’autre, il semble nécessaire d’explorer dans cet article les défis et les opportunités liés à la considération des sports dans les politiques publiques, surtout dans le travail des parlementaires, en tenant compte des perspectives sociales, économiques et politiques liées aux pratiques sportives au monde en général et au Cameroun en particulier. C’est fort de cela qu’il importe de dire que le sport en ce nouveau millénaire revêt plus que jamais tous les aspects de la gouvernance publique de l’État et mérite un droit de contrôle politique nécessaire et rigoureux au nom du peuple, ce qui décline l’hypothèse selon laquelle l’histoire de l’institution parlementaire est intrinsèquement liée aux problématiques des sports. Pour parvenir à cette démonstration, il est nécessaire de s’appuyer sur l’interactionnisme social et le mondialisme afin d’explorer les interconnexions en milieu de sports qui interpellent directement l’État. Les archives et débats parlementaires constituent un atout pour parvenir à l’exemplification ou à élucider cette question dans cet article. |
| pp. : 25-37 | Sport et politique au Cameroun : une analyse des interactions entre l’évolution du sport et les dynamiques parlementaires de l’ère post-coloniale | Romuald Francis Mvo’o | Cet article examine les interactions entre l’évolution du sport et les dynamiques parlementaires au Cameroun durant l’ère post-coloniale. L’objet de l’étude est de comprendre comment le sport, en tant que phénomène social et culturel, a été influencé par les décisions politiques et législatives dans le pays. La problématique centrale se pose autour de la question suivante : comment les institutions sportives et les événements sportifs ont-ils servi de vecteurs d’expression politique et de mobilisation sociale au Cameroun ? Le cadre théorique s’appuie sur des concepts issus de la sociologie du sport et de la science politique, notamment la théorie des champs sociaux de Pierre Bourdieu et les travaux sur le sport comme outil de Soft Power. Ces approches permettent d’analyser les relations de pouvoir et les stratégies de légitimation à travers le prisme du sport. La méthodologie adoptée combine une analyse qualitative et quantitative des données. Elle inclut l’examen d’archives parlementaires, des discours politiques, ainsi que des entretiens semi-directifs avec des acteurs clés du monde sportif et politique. Une analyse des médias a également été réalisée pour saisir la perception publique des événements sportifs en lien avec les décisions politiques. Les résultats montrent que le sport a joué un rôle crucial dans la construction de l’identité nationale camerounaise, tout en servant de plateforme pour des revendications politiques. Les événements sportifs ont souvent été utilisés par les parlementaires pour renforcer leur légitimité et mobiliser le soutien populaire. En conclusion, cette étude met en lumière les convergences entre le sport et la politique au Cameroun, soulignant l’importance d’une approche interdisciplinaire pour mieux comprendre ces dynamiques. |
| pp. : 39-54 | Le sport, un facteur d’intégration et de changement social au Cameroun ? | Francis Pierre Mepongo Fouda | Depuis quelques années, le sport semble faire de plus en plus d’émules dans les villes et villages du Cameroun. En effet, perçu par certains comme une profession, un business ou un outil politique pour d’autres, le sport peut également être un ingrédient d’intégration et de changement social associé à des valeurs fondamentalement positives. Dans le domaine du changement social, de plus en plus d’hommes politiques et d’affaires, se servent du sport et des valeurs qu’il porte pour atteindre des buts sociaux ou des objectifs de développement. Cependant, certaines questions se posent : le sport est-il intrinsèquement un ingrédient d’intégration et de changement social ? Ou est-il un simple outil aux services des hommes ? Pour apporter quelques réponses et découvrir les spécificités de l’utilisation du sport, cette étude se concentre sur les officines qui mettent en place des activités d’intégration et de changement social par le sport. Notre hypothèse de recherche est que le sport est un ingrédient d’intégration et de changement social au Cameroun au service des hommes. Ce travail s’est appuyé sur les sources écrites et orales, l’observation in cognito et les entretiens non directifs, et s’adosse sur le structuro-fonctionnalisme de Talcott Parsons qui nous permet de montrer et d’analyser toutes les astuces systémiques et organicistes du sport au Cameroun. Cette contribution montre, dans un premier temps, les différents ingrédients d’intégration liés aux activités basées sur le sport et analyse dans un deuxième temps, le changement social lié au sport au Cameroun. |
| pp. : 55-73 | Timbres-poste, football et propagande sur le Cameroun de 1965 à 2002 | Giscard Lionel Mbakop Nana | Le football est le sport le plus répandu et le plus populaire du Cameroun. Il ne se passe plus une occasion footballistique d’envergure sans l’intervention du politique. Cet article se veut d’apporter un éclairage sur l’utilisation des timbres-poste comme miroir des relations entre football, politique et propagande sur le Cameroun. De ce fait, il se dégage des interrogations sur les enjeux de la politisation des figurines postales. Quels sont les enjeux de l’appropriation des timbres-poste pour la diffusion des événements footballistiques ? La réponse à cette interrogation nécessite une réflexion qui s’appuie sur la méthode qualitative consistant en l’analyse et l’interprétation des iconographies timbres-poste et en l’examen des recueils documentaires. Cette contribution permet de présenter un travail portant sur le rôle des figurines postales comme vecteur de la propagande du football sous les présidents Ahmadou Ahidjo et Paul Biya. Il s’agira, également, de présenter la place du football comme catalyseur du vivre ensemble. Petit papier généralement rectangulaire, le timbre-poste est un véhicule sans frontière de la propagande et un agent de transmission idéologique entre les leaders politiques camerounais et le peuple. |
| pp. : 75-91 | Pratique et symbolique du sport en culture africaine : le cas de la lutte rk hm (hem) chez les anciens Égyptiens et masin chez les Basaa du Sud-Cameroun | Jean Pierre Yap | La présente réflexion porte sur l’exercice et la symbolique du sport, notamment de la lutte, chez les anciens Égyptiens et les Basàa du Sud-Cameroun. De l’Antiquité à nos jours, le sport est une activité diversifiée en culture africaine. Plusieurs disciplines notamment : le tir à l’arc, le lancer du javelot, l’escrime au bâton, la course, la boxe, l’aviron, la lutte… etc., considérés comme des sports de combat, étaient très appréciés et souvent représentés sur les bas-reliefs et les tombes des anciens Égyptiens. Parmi toutes ces disciplines ci-dessus répertoriées, la lutte est le sport qui retient notre attention dans cet argumentaire. Plusieurs expressions sont utilisées pour la désigner en culture égyptienne et bàsàa, mais deux retiennent notre attention dans cet exercice. Il s’agit de Hm qui se lit (Hem) et Masin qui signifie la lutte en tant que sport. Au regard de la pratique de cette discipline à travers les âges en Afrique noire, notre argumentation ne peut s’appesantir que sur la lutte en Égypte ancienne et chez les Bàsàa du Sud-Cameroun. Ceci, lors des manifestations traditionnelles et culturelles notamment : le Bàsàa-Mpoo-Bâti. L’élaboration de cette analyse n’est possible que si l’on fait appel à des données orales, culturelles, rituelles, iconographiques et écrites. Comment se pratique la lutte dans les deux communautés étudiées ? Quels sont les avantages et inconvénients de ce sport en Égypte ancienne et en Pays basàa ? Quelle peut être la symbolique relative à cette pratique sportive pour le pratiquant et la communauté dans ces deux cultures apparentées ? La réponse à ce questionnement constitue l’ossature de ce travail. |
| pp. : 93-105 | Jeux universitaires et dynamiques sociales dans les universités camerounaises | Steve Ondoua Samba | Les jeux universitaires restent des moments importants de promotion sportive, de développement socio-économique et du brassage culturel. Il s’agit des compétitions sportives qui opposent les établissements d’enseignement supérieur dans le but de promouvoir le sport, la compétition saine ainsi que l’esprit d’équipe. Dans les universités camerounaises, ces jeux sont annuels et participent irréfutablement à des dynamiques multiples. Le présent article, qui ne prétend nullement tout dire sur cette question, va tenter de montrer comment les jeux universitaires participent à ces dynamiques sociales en situant leurs origines au Cameroun, leurs fonctions ainsi que les difficultés auxquelles ils font face. Pour y parvenir, le structuralisme constructiviste de pierre Bourdieu, le fonctionnalisme de Malinowski et l’ethnométhodologie d’Harold Garfinkel serviront de cadres théoriques à ce travail. Les techniques qualitatives et quantitatives aideront à la collecte des données de terrain. La population concernée par cette étude est constituée de tous les acteurs impliqués dans la phase des jeux universitaires et cette étude va des années 2001 à 2025. |
| pp. : 109-125 | Entrepreneuriat féminin et résilience dans la vallée du Logone : contraintes et perspectives à l’échelle locale et sous régionale | Alexis Armélien Gasisou | Dans la vallée du Logone, zone frontalière comprise entre le Cameroun (Mayo-Danay) et le Tchad (Mayo-Kebbi), les femmes sont des actrices primordiales du tissu économique local, investies dans l’agriculture, l’élevage et le petit commerce. Pourtant, leur rôle reste largement invisible, freiné par des obstacles structurels, culturels et institutionnels. Cet article explore les multiples facettes de l’entrepreneuriat féminin dans cette région transfrontalière riche en ressources, mais en proie à de profondes inégalités socio-économiques. Il met en évidence les contraintes majeures que rencontrent les femmes de l’accès au financement aux normes patriarcales persistantes tout en soulignant leur résilience face à l’adversité. Cette étude met en lumière des initiatives locales et sous-régionales porteuses de changement, et plaide pour des politiques publiques plus ancrées dans les réalités locales afin de renforcer l’autonomisation économique des femmes. Entre contraintes et espoirs, cette réflexion ouvre des perspectives pour un entrepreneuriat féminin plus inclusif et durable dans la vallée du Logone. |
| pp. : 127-141 | La politique d’accompagnement de l’Union Européenne pour la mise en œuvre des APE au Cameroun via le 9e FED : expérience du PASAPE, 2007-2011 | Stéphie Laetitia Bekono Ndongo | Les conventions de Lomé (1975-2000) avaient constitué une innovation majeure en matière de coopération internationale, notamment à travers les efforts en matière de stabilisation des prix des matières premières. Or, ces conventions n’avaient pas été en mesure de réaliser l’un des objectifs fixés (celui de diversifier les économies africaines) et l’Afrique était restée fortement dépendante des matières premières. Par ailleurs, la place de l’Afrique dans les échanges européens s’était détériorée. Ces résultats limités des Conventions de Lomé avaient conduit à la signature de l’Accord de Cotonou (2000-2020). En matière commerciale, l’Accord de Cotonou se voulait compatible aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui exigeaient un principe de réciprocité. En accord avec les règles de l’OMC, l’Union Européenne (UE) avait mis en place les Accords de partenariat économique (APE). C’est dans l’optique d’accompagner la mise en œuvre de ces nouveaux accords commerciaux au Cameroun que l’UE finança, dans le cadre du 9e Fonds Européen de Développement (FED), le Programme d’appui et de soutien à l’Accord de partenariat économique abrégé PASAPE. Cet article pose de façon sous-jacente le problème de l’efficacité des mesures entreprises par l’Union Européenne pour permettre au Cameroun de relever le défi des APE. D’un point de vue méthodologique, ce travail s’appuie sur la méthode historique, mobilisant à la fois la synchronie et la critique historique. Cette étude repose sur une approche descriptive et analytique. Les sources écrites utilisées nous ont permis, au travers des techniques quantitatives (la statistique descriptive) et qualitatives (les rapports d’activités), d’obtenir des résultats probants. Ce travail est donc un outil d’analyse historique de l’action du PASAPE au Cameroun, en vue d’évaluer son impact sur l’économie camerounaise appelée à faire face aux Accords de Partenariat Économique. |
| pp. : 143-164 | Évolution et mutations des services de renseignements au Cameroun : une police au service de l’ordre politique régnant (1960-1993) | Jean Chrysostome Bilobé Ayissi | L’accession des deux Cameroun aux indépendances, la gestion des crises politico-sécuritaires inhérentes et le désir de raffermissement du pouvoir politique du régime de Yaoundé — qui aboutit à l’instauration de la dictature du parti unique — ont nécessité la mise en place de nombreuses institutions de contrôle des personnes et de répression. Au nombre de celles-ci figure une police politique structurée autour du Service d’Études et de la Documentation (SEDOC) instituée en 1961, qui connaîtra par la suite, de nombreuses mutations onomastiques sans réel changement de son modus operandi. Police personnelle du Président de la République, le SEDOC mute en DIRDOC, CND et CENER. Bien plus, les Brigades Mobiles Mixtes (B.M.M), « bras armé » de la police politique, travaillent en parfaite intelligence avec la police éponyme. À la suite d’une autre réforme mitigée, le CENER mute, en 1993, en une agence de renseignements et de contre-espionnage : il devient la Direction Générale de la Recherche Extérieure (D.G.R.E). Malgré cette réforme, l’institution reste fidèle à ses missions originelles de recherche et de collecte des informations à caractères politiques et économiques sur les individus qualifiés de « dangereux » ou de « suspects ». Aboutir à cette conclusion a nécessité l’apport de certains auteurs à l’instar d’Abel Eyinga, Mongo Beti, Pierre Ela et Fenkam Frédérick, qui ont déblayé le champ de réflexion portant sur la vie de la police politique au Cameroun. Cette réflexion qui se veut une analyse prospective s’adosse sur une approche méthodologique hypothético-déductive, pluridisciplinaire, analytique et empirique qui retrace, à travers une base documentaire écrite et des sources orales, la naissance, l’évolution et les mutations que connaît la police politique du Cameroun entre 1960 et 1990. |
| pp. : 165-184 | Conflits éleveurs transhumants mbororo et communautés d’agriculteurs (Gbaya) dans les préfectures de Nana Mambere, Mambere Kadei en République Centrafricaine (RCA) | Blaise Yandji | Les enjeux fonciers autour du bétail alimentent les violences entre communautés rurales, notamment entre agriculteurs et éleveurs. Ces conflits ont lieu en début de saison sèche et des pluies et aux alentours des récoltes. Suite aux dernières crises de 2013-2014 qui ont limité la transhumance aux régions Nord du pays, ces types de conflits n’ont eu lieu que dans la partie nord de la préfecture de la Nana Mambéré. En effet, la présence des anti-balaka dans la partie sud de cette préfecture et dans tout le grand Ouest bloquait le déplacement des éleveurs transhumants qui, autrefois, descendaient plus au sud jusque dans les sous-préfectures de Carnot, Gadzi et Boda situées à la lisière de la grande forêt équatoriale. Avec le retour progressif de la paix, des heurts entre les premiers transhumants réfugiés de retour et les communautés villageoises ont eu lieu dans des zones traversées par les grands couloirs de transhumance. Par ailleurs, la forte prévalence des dégâts des cultures s’expliquait par le non-respect et la fermeture des axes de transhumance à l’aide des « champs pièges ». Ces dégâts ont été considérés comme la conséquence d’une mauvaise gestion de l’espace par les autorités locales, qui percevaient des taxes de passage, versées par les transhumants sans prendre des dispositions pour éviter des conflits avec les agriculteurs. Dès lors, qu’est-ce qui explique la recrudescence des conflits entre éleveurs Mbororo et agriculteurs sédentaires Gbaya dans la préfecture de Nana Mambéré en République Centrafricaine ? Quels sont les enjeux des couloirs de transhumance ? Quelles sont les différentes stratégies développées par les populations pour un accès apaisé et pour une gestion des conflits survenus au cours de la transhumance ? Enfin, quels sont les mécanismes et stratégies de gestion des conflits adaptés au mode de vie des populations pastorales et à l’exploitation des ressources pastorales ? Cet article s’appuie sur une enquête de terrain réalisée en RCA et une approche qualitative qui contribue à recueillir les perceptions et réflexions des acteurs clés sur les dynamiques conflictuelles existant entre agriculteurs et éleveurs des zones en RCA. |
| pp. : 185-202 | L’autogestion des crises sécuritaires africaines comme gage d’émancipation de la domination occidentale | Magloire Guiala | La fin du XXe siècle et le début du XXIe sont marqués en Afrique par l’expansion des crises sécuritaires qui exposent les populations à une criminalité indescriptible. Ces dernières interpellent régulièrement leurs gouvernements à trouver des solutions politiques et sociales efficaces pour leur pacification. Dès lors, ce travail vise à trouver les mécanismes purement africains de gestion de ces crises sécuritaires qu’il propose aux États africains. Ainsi, une approche interdisciplinaire a été adoptée pour l’élaboration de cette étude. Elle a largement influencé la méthode qualitative qui a permis d’interpréter nos analyses et d’expliquer les faits sous le prisme du réalisme. Cette méthode a facilité l’identification des mécanismes d’autogestion des crises sécuritaires qui permettraient à l’Afrique de se libérer de la domination occidentale. Ces mécanismes consistent pour les États africains, à améliorer leur gouvernance publique, à éradiquer la discrimination sociale et l’exclusion ethnique et à lutter contre la corruption qui accentue les inégalités sociales, constituant les sources des conflits et des crises sécuritaires qui minent les progrès sociopolitiques et économiques du continent noir. Aussi, les Africains devraient respecter les règles de la démocratie et promouvoir les droits de l’homme et les libertés individuelles et collectives. Enfin au plan militaire et sécuritaire, les peuples africains devraient s’approprier des stratégies de gestion collective de sécurité, impliquant tous les États des sous-régions qui partagent les mêmes frontières avec ceux qui sont victimes des conflits et des crises sécuritaires. La mise en place de ces mécanismes d’autogestion des crises sécuritaires permettrait à l’Afrique de s’émanciper des influences de l’Occident. |
| pp. : 203-222 | Congrégations religieuses, Église catholique locale : gestion des relations ambiguës 1890-1995 | Emmanuel Many | L’arrivée de l’Église catholique romaine à Yaoundé en 1890 a consacré l’implémentation d’une obédience religieuse dont les objectifs se veulent universels. Le Cameroun a connu une histoire complexe, de colonisation et d’évangélisation, qui a conduit à la coexistence de différentes confessions chrétiennes, notamment catholiques, protestantes et évangéliques. À cette période, on va constater l’émergence de l’Église locale qui va jouer un rôle en fournissant des services sociaux tels que l’éducation et la santé. La PROPAGANDA FIDE, a confié le Cameroun à la congrégation des Pallotins qui avait l’obligation d’atteindre les fins sociales de l’Église. Les figures telles que Mgrs Henri Vieter et Hermann ont inscrit l’histoire du Cameroun dans les Encycliques à l’exemple de Maximum Illud. La Première Guerre mondiale et le régime de mandat ont pourtant impacté sur le fonctionnement de l’Église catholique en termes d’effectifs, de changements d’objectifs, mais aussi d’orientations vis-à-vis de la puissance mandataire. Ce travail questionne les relations entre les congrégations religieuses, à l’instar des Spiritains, du Sacré-Cœur de Marie, des Xavériens, de John Mills et les acteurs du système mandataire. On s’aperçoit que, l’Église qui se veut le creuset de l’unicité est traversée par des tensions d’abord entre les congrégations dont il faut définir les zones d’intervention, entre les congrégations et l’Église locale, qui s’est mise progressivement en place et les autorités politiques. Comment les Églises locales au Cameroun ont-elles géré les rapports ambigus entre les différentes confessions religieuses et les autorités politiques entre 1890 et 1995 ? C’est pourquoi, le problème que nous mettons en exergue est d’illustrer que, le régime de mandat, de par son implémentation et son exécution, a transformé le système institutionnel au Cameroun. On constate que l’Église est à la fois un acteur social, politique et religieux. Ce travail s’inscrit dans l’axe de l’administration mandataire et les acteurs connexes au Cameroun. Une analyse historique des documents et des archives à l’histoire des Églises, mais aussi des textes officiels et des déclarations des Églises et autorités politiques est judicieuse. Ainsi, les résultats pourraient montrer que : les Églises locales ont joué un rôle important dans la promotion de la paix et la stabilité du Cameroun, ensuite que les rapports entre les Églises et les autorités politiques, ont été complexes et parfois ambigus où on observe des périodes de coopération à un moment et des tensions à un autre, enfin que les Églises ont développé des stratégies pour gérer ces rapports en promouvant le dialogue et la coopération avec les autorités politiques. |
| pp. : 223-227 | Conclusion au volume |
Caractéristiques
ISSN : 2959-3476
Périodicité : un numéro par an
Prix : 7.500 F CFA (Zone CEMAC)
Pagination : 232 pages
Vous aimerez peut-être aussi…
-
Ngoa-Ekelle. Revue du REPRI. Volume 2
7.500 FcfaRéseau d’Études Politiques et des Relations Internationales (REPRI) – ex-LAEPORI
ISSN : 2959-3476
Parution: Avril 2025 (Dossier thématique : Échanges transfrontaliers entre le Cameroun et ses voisins)
-
Ngoa-Ekelle. Revue du REPRI. Volume 1
7.500 FcfaRéseau d’Études Politiques et des Relations Internationales (REPRI) – ex-LAEPORI
ISSN : 2959-3476
Parution: Avril 2023





